Résidence du 5 au 9 octobre 2026

Nous accueillons en résidence labo, Le comité autour de sa future création: La nuit.  Dans une tentative de hacker le réel par la fiction ce projet s’inscrira dans  la continuité de la lutte que la compagnie mène avec La ligue (collectif de travailleuses domestiques sans papiers, militantes et organisées au sein d’un syndicat).

Crédit image : Le comité

Note d’intention

La nuit, un diptyque
Avec la nuit, nous désirons aborder deux groupes spécifiques de travailleur·euses de la nuit : les travailleuses domestiques et les travailleur·euses du sexe (et/ou personnes prostituées). Nous l’envisageons comme un diptyque sur le continuum du précariat des femmes et des minorités de genre. Le premier volet se concentrera sur les travailleuses domestiques. Nous désirons donner une nouvelle dimension au travail développé avec la ligue depuis plusieurs années, et créer ensemble un spectacle dans lequel elles puissent se reconnaître et être agissantes. 

Crédit image : krasny collective

La nuit, un rêve
Ce projet est né d’un rêve, celui d’arracher quelques nuits à la succession normale du travail et du repos. Une interruption imperceptible, inoffensive, dirait-on, du cours normal des choses, où se prépare, se rêve, se vit déjà l'impossible: la suspension de l'ancestrale hiérarchie subordonnant ceux qui sont voués à travailler de leurs mains à ceux qui ont reçu le privilège de la pensée.1 En effet, pendant que les classes dominantes et le monde des puissants se reposent, toute une classe de femmes, pour la plupart issues de pays qui sont ou ont été colonisés, se réveille et travaille à rendre confortable les journées des dominant·es et de la classe moyenne. Ce travail de nuit, invisible, qui abîme les corps et les âmes de ces femmes, ne laisse pas ou peu de temps pour le rêve ou la pensée qui ne soit directement utile. Pour les femmes avec qui nous travaillerons, nous désirons que la nuit puisse être une suspension dans cette succession infernale, un espace-temps où penser, chercher, s’exprimer, ou simplement exister autrement que par ce qui leur est imposé. 

Le comité

Le document est signé par Le comité, un collectif d'actrices bruxelloises (Astrid Akay, Marie Bourin, Victoria Lewuillon), formées ensemble à l'ESACT. Depuis trois ans, elles collaborent avec la ligue, un syndicat de travailleuses domestiques sans-papiers, pour créer des actions artistiques et politiques dans l'espace public — une quinzaine à ce jour. Leur démarche commune : « hacker le réel par la fiction », c'est-à-dire utiliser la fiction pour infiltrer et transformer des situations réelles d'injustice.

La ligue

La ligue est un collectif de travailleuses domestiques sans papiers, militantes et organisées au sein d’un syndicat. En tant que femmes majoritairement racisées et sans papiers elles sont à l’intersection des discriminations de genres, de classe et de race. Par leurs actions, elles rendent visible leur situation au grand public et au monde politique et défendent leurs revendications : un accès à une protection des travailleur·euses lors d’un dépôt de plainte contre un patron abuseur, un accès aux formations Actiris dans les métiers en pénurie et les fonctions critiques ou essentielles, un accès à un séjour légal via la régularisation de leur travail informel. 
Depuis 3 ans, le comité s’allie à la ligue : nous cherchons ensemble les formes artistiques que peuvent prendre leur lutte. A ce jour, nous avons co-construit une quinzaine d’actions politiques et artistiques dans l’espace public.