Suite à sa venue lors du Festival Eclectic Campagne(s) 2018, nous avons souhaité inviter l'artiste Christine Quoiraud en résidence pour venir expérimenter des relations corporelles avec notre lieu de résidence à Le Favril et pour venir partager avec les habitants sa pratique du Body Weather, forme particulière de la danse contemporaine centrée sur la notion de toucher et la relation entre le corps et l'espace environnant.

Christine Quoiraud est praticienne et enseignante du Body Weather Laboratory ainsi qu’ en Body Mind Centering(R). Elle a développé sa recherche dans l’environnement autour de projets «corps/paysage» et des projets «marche et danse» à l’adresse d’artistes, danseurs, performeurs et d’un large public. Depuis 2010, elle focalise son travail autour du toucher et récemment autour des questions de la migration.

" Le corps est un environnement vivant inclus dans un environnement plus vaste. Le corps est un territoire dont les frontières sont définies par la peau. Le corps étire son existence par les sens en direction du paysage, du milieu extérieur, des autres. En contact avec le monde , le corps interagit, s’ajuste, s’exprime. Notre atelier vise à ouvrir la lecture des relations du corps sensoriel à l’environnement extérieur. Nous proposons d’explorer le territoire que l’on pense connaître par les voies du sensible. Que voit-on de ce qui nous côtoie alors que notre cerveau est sans cesse occupé par des couches superposées de pensées, d’émotions, de structures de défense ou de projets ? Nous souhaitons marquer une pause et démarrer par les sensations et les perceptions du corps. A l’expérience, nous scellons dans la mémoire le vécu de ces perceptions, par l’échange verbal et d’autres formes de représentations, le dessin, la photographie. Prendre le temps de ralentir, prendre le temps de se re-poser dans un instant où l’on recueille la fraîcheur d’une sensation. Telle est la gamme. Etre présent au monde extérieur et au monde intérieur, à ce qui se vit là, maintenant. Activons la présence à soi, aux autres, aux lieux par des jeux d’enfants. Nous proposerons des mouvements dynamiques, des règles simples pour des jeux partagés qui modifieront le rythme cardiaque, la pression sanguine. Qu’en sera-t-il alors de ce que l’on perçoit de soi ? Comment cela modifie-t-il la perception du paysage proche ? L’atelier mobile se déplacera dans l’environnement familier comme un guetteur, comme un écrivain, comme un artiste affuté à ses outils, comme un oiseau de proie flânant sur les couches d’air. "


Crédits photo : Jérémy Maysen / Anne-Sophie Popon